Apremont-la-Forêt
Apremont-la-Forêt est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. En dialecte, le village se nommait Apramon.
Apremont-la-Forêt | |
Église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge d'Apremont-la-Forêt. | |
Blason |
|
Administration | |
---|---|
Pays | France |
Région | Grand Est |
Département | Meuse |
Arrondissement | Commercy |
Intercommunalité | Communauté de communes Côtes de Meuse Woëvre |
Maire Mandat |
Lionel Plantegenet 2020-2026 |
Code postal | 55300 |
Code commune | 55012 |
Démographie | |
Gentilé | Asperomontais |
Population municipale |
425 hab. (2022 ) |
Densité | 13 hab./km2 |
Géographie | |
Coordonnées | 48° 51′ 22″ nord, 5° 38′ 23″ est |
Altitude | Min. 231 m Max. 383 m |
Superficie | 32,89 km2 |
Type | Commune rurale à habitat dispersé |
Unité urbaine | Hors unité urbaine |
Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
Élections | |
Départementales | Canton de Saint-Mihiel |
Législatives | Première circonscription |
Localisation | |
modifier |
Géographie
modifier
|
La commune fait partie du parc naturel régional de Lorraine[1].
Hydrographie
modifierRéseau hydrographique
modifierLa commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin et de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Marbotte, le ruisseau de Bouquenelle, le ruisseau de Molentin et le ruisseau de Neuf Moulin[2],[Carte 1].
Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang Bouquenelle, d'une superficie totale de 6,3 ha (1,1 ha sur la commune), l'étang de Neuf Moulin, d'une superficie totale de 20,8 ha (17,3 ha sur la commune) et l'étang de Ronval (4,6 ha)[Carte 1],[3].
Gestion et qualité des eaux
modifierLe territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Rupt de Mad, Esch, Trey ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Rupt de Mad, de l’Esch et du Trey. Le périmètre a été arrêté le 2 juin 2014, la commission locale de l'eau (CLE) a été créée le , puis modifiée le 0. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Parc naturel régional de Lorraine[4].
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].
Climat
modifierEn 2010, le climat de la commune est de type climat des marges montargnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[6].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 913 mm, avec 13,2 jours de précipitations en janvier et 9,3 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Nonsard », sur la commune de Nonsard-Lamarche à 12 km à vol d'oiseau[7], est de 10,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 690,8 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 40,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −17 °C, atteinte le [Note 2],[8],[9].
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[10]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[11].
Urbanisme
modifierTypologie
modifierAu , Apremont-la-Forêt est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13] et hors attraction des villes[14],[15].
Occupation des sols
modifierL'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (49,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (50,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,6 %), terres arables (33,4 %), prairies (12,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %), zones urbanisées (1,6 %), eaux continentales[Note 3] (0,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Toponymie
modifierLe nom de la localité est attesté sous la forme latine De Aspremonte en l'an 1060 dans le cartulaire de Gorze.
La compréhension de ce toponyme ne pose aucune difficulté et trouve origine dans un « mont âpre », difficile, peu fertile...
Le , Apremont est renommé Apremont-la-Forêt. La forêt permet de différencier ce toponyme des multiples autres Apremont sur le territoire français.
Histoire
modifierEn 1285, Geoffroi d'Âpremont est l'un des héros du Tournoi de Chauvency.
En 1387, le village est le chef-lieu du comté d'Apremont, alors très puissant (290 villages en dépendaient). Ce comté est alors dirigé par la famille luxembourgeoise d'Autel. C'est seulement en 1599 qu'il est rattaché au duché de Lorraine.
Ce village fut aussi le siège d'un prieuré et d'une collégiale fondée par les impériaux. Le château fut détruit durant la Première Guerre mondiale en même temps que presque tout le village ; l'aide des Américains et de Belle Skinner, une philanthrope d'Holyoke (Massachusetts), a permis de le reconstruire. Une adduction d'eau a été installée grâce à l'administration municipale d'Holyoke en 1922. En honneur de cette aide, le village a renommé sa place principale, « Place d'Holyoke », et sa route principale « Rue Belle Skinner ». En retour, la ville d'Holyoke a renommé une route construite par les soldats américains « Apremont Highway »[17].
Le village au pied des Côtes de Meuse s'appelait Tigéville, dominé par le château d'Apremont entouré de maisons.
Durant la Première Guerre mondiale, le village fut entièrement détruit puis reconstruit. Ce fut un point stratégique du saillant de Saint-Mihiel[18]. Ont combattu durant les combats en forêt d'Apremont les : 10e RI, 13e RI, 27e RI, 29e RI, 33e RI, 34e RI, 56e RI,134e RI, 171e RI, 172e RI, 210e RI, 227e RI, 372e RI, 16e RCC, 1er RA, 37e RA, 48e RA et 4e RG[19].
Maison d'Apremont
modifierLe château d'Apremont est reconstruit au XIIe siècle par les sires d'Aspremont-Briey sur une éminence isolée non loin de Commercy. Il fut le chef-lieu d'une baronnie qui relevait de l'évêché de Metz. Au faîte de sa gloire cette baronnie comprenait environ 280 villes et villages[20].
Politique et administration
modifierLe , Apremont-la-Forêt fusionne avec Liouville, Marbotte et Saint-Agnant-sous-les-Côtes, sous le régime de la fusion-association[21].
Population et société
modifierDémographie
modifierLes habitants sont nommés les Asperomontais[23].
Évolution démographique
modifierL'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[24]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[25].
En 2022, la commune comptait 425 habitants[Note 4], en évolution de +6,78 % par rapport à 2016 (Meuse : −4,4 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Culture locale et patrimoine
modifierLieux et monuments
modifierDans le massif boisé séparant les communes de Marbotte et Liouville, a été construit entre et le fort de Liouville appartenant à la ligne de défense reliant Toul à Verdun. L'édifice est renforcé entre 1892 et 1910. À partir du , les troupes allemandes bombardent le fort avec des obus de gros calibre. Une des deux tourelles, équipée d'un canon de 155 mm, est endommagée le 27. L'arrivée du 8e corps permet au gouverneur du fort de donner l'ordre d'évacuer le . Mis hors d'usage après huit jours de bombardements, le fort ne servira plus que de poste d'observation jusqu'en 1918 où la tourelle restée intacte apportera son soutien aux troupes américaines lors de la reprise du saillant de Saint-Mihiel.
La restauration du fort a été entreprise par l'« Association de Sauvegarde du Fort de Liouville ». Des visites sont organisées tous les troisièmes dimanches de chaque mois d’avril à fin octobre ou sur rendez-vous.
Édifices religieux
modifier- Église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge à Apremont-la-Forêt, construite en 1723, détruite au cours de la Première Guerre mondiale et reconstruite en 1926.
- Église Saint-Agnant à Saint-Agnant-sous-les-Côtes, XIXe siècle reconstruite en 1931.
- Église de la Translation-de-Saint-Nicolas à Liouville, XIXe siècle.
- Église Saint-Gérard à Marbotte, XIXe siècle.
- Commanderie de Marbotte[28], ancienne commanderie des Templiers, puis des Hospitaliers de Marbotte, Inscrit MH (1994)[29] avec chapelle du début du XIIIe siècle, bâtiments conventuels de la fin du XVe siècle-début XVIe siècle, ferme et clôture des XVIIe siècle et XVIIIe siècle - (privé).
-
Église Saint-Agnant de Saint-Agnant-sous-les-Côtes.
-
Église Saint-Gérard de Marbotte.
Personnalités liées à la commune
modifier- Jean Ier d'Apremont : évêque de Metz au XIIIe siècle.
- Jean Nicolas (1765-1833), général des armées de la Révolution et de l'Empire, né à Saint-Agnant-et-Marbotte, décédé à Belleville (Paris).
- Jo Schlesser (1928-1968), ancien pilote de F1, est né à Liouville, petit village faisant partie de la commune d'Apremont-la-Forêt.
Héraldique
modifierBlasonnement :
De gueules à la croix d'argent.
Commentaires : Telles sont les armoiries de Geoffroi décrites par Jacques Bretel lors du Tournoi qui eut lieu à Chauvency-le-Château. Ce seigneur avait épousé Isabelle de Quiévrain.
|
Blasonnement :
De gueules à croix d'argent chargée de 5 coquilles de sable.
Commentaires : Armes de Thomas d'Âpremont, frère de Geoffroi, époux de Jeanne de Quiévrain.
|
Voir aussi
modifierBibliographie
modifierArchives généalogiques et historiques de la noblesse de France, ou Recueil de preuves, mémoires et notices généalogiques, servant à constater l'origine, la filiation, les alliances et les illustrations religieuses, civiles et militaires de diverses maisons et familles nobles du royaume, volume 9, P. Louis Lainé, 1844, p. 14 à 43 Google livres
Articles connexes
modifier- Liste des communes de la Meuse
- Liste des monuments historiques de la Meuse
- Liste des nécropoles militaires en Lorraine
- Habelaneuf
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Apremont-la-Forêt sur le site de l'Institut géographique national
- Apremont-la-Forêt sur le site de l'Insee
Notes et références
modifierNotes
modifier- Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- Les records sont établis sur la période du au .
- Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
- Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
Cartes
modifier- « Réseau hydrographique d'Apremont-la-Forêt » sur Géoportail (consulté le 8 juin 2024).
- « Qualité des eaux de rivière et de baignade. », sur qualite-riviere.lesagencesdeleau.fr/ (consulté le ).
- IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
modifier- Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Décret no 2015-73 du portant renouvellement du classement du parc naturel régional de Lorraine, (lire en ligne)
- « Fiche communale d'Apremont-la-Forêt », sur le système d'information pour la gestion des eaux souterraines Rhin-Meuse (consulté le ).
- « Le millésime 2022 de la BD TOPAGE® métropole est disponible », sur eaufrance.fr (consulté le ).
- « SAGE Rupt de Mad, Esch, Trey », sur gesteau.fr (consulté le ).
- Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
- « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
- « Orthodromie entre Apremont-la-Forêt et Nonsard-Lamarche », sur fr.distance.to (consulté le ).
- « Station Météo-France « Nonsard », sur la commune de Nonsard-Lamarche - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- « Station Météo-France « Nonsard », sur la commune de Nonsard-Lamarche - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- « Les nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. », sur drias-climat.fr (consulté le ).
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.com, (consulté le ).
- « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- Insee, « Métadonnées de la commune ».
- « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
- « Apremont Way Between Holyoke and Westfield Is Formally Dedicated », Springfield Republican, Springfield, Mass., :
.« [In a letter from the mayor of Apremont] I can never thank too much, it read, in the name of the commune of Apremont La Forget [sic] the brave soldiers of the 26th American division and especially the 104th infantry, who really contributed to the deliverance of our village… we have never forgotten you here–everything is a reminder of your generous presence. The village square is named Place d'Holyoke, in memory of the city of that name… the main street is the Rue Belle Skinner, given this honor in memory of the great friend of the commune, a woman with a big heart »
- Renseignement trouvé à la mairie du village et/ou témoigné par les récits de certains de ses habitants.
- Monuments commémoratifs
- Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France
- « Recherche sur une zone géographique », sur insee.fr (consulté le ).
- « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
- « Meuse », sur habitants.fr (consulté le ).
- L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022.
- Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, H. 3172 à 3188.
- « Commanderie de Marbotte », notice no PA00132645, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.